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Daphné DejayPhotographe :

Daphné Dejay pulvérise devant nous les figures du monde. Ici, ce qui apparaît se dérobe. Détourner du visage, c’est montrer l’autre face, la face du portrait : dans cette réversion, se distille la rencontre intime qui pourrait naître du face à face. Car le portrait est encore à faire, le portrait n’est jamais que le désir du portrait, toujours ajourné. Dans ce suspens, la photographie et la peinture font du portrait une même occurrence : une ressemblance sans modèle, une obscurité. C’est une poétique qui rend alors présent comme réel le corps qui, plus qu’un dessin – le trait – plus qu’une matière – la lumière – fait du langage de l’homme et de l’art quelque chose qui n’adhère à rien, qui n’est adéquat qu’à ce qui ne se sait pas : rythmes improbables du silence.

Bestiaire lapinPlasticienne :

Bestiaire : Résines – Digigraphies

Depuis le plus infime de son quotidien jusqu’à ses plus grandes entreprises, l’homme agite son existence.

Depuis son immobilité, l’animal, lui, le regarde, nous regarde. Et son adresse est silencieuse mais puissamment directe. Qui regarde alors dans le miroir ?

Daphné Dejay reconvoque cette adresse à travers un bestiaire qui, sous l’apparat du costume où féérie, poésie et humour parfois se conjuguent, nous pose la question essentielle de la vie à nu, de la vie nue.

Muriel Alle