Biographie

daphne.-

Photo : Jean-François Deroubaix

Artiste Plurielle
1987-89  – Beaux Arts de Paris – atelier d’Henri Cueco
1988-94  – Diplômée de l’École Nationale Supérieure d’Arts de Paris-Cergy

Prix de la peinture en 1992
Prix de la photographie en 2011
Prix de l’illustration en 2012

Daphné Dejay est née à Paris en 1968. A 18 ans, elle travaille dans l’atelier d’Henri Cueco à Paris puis entre à l’école des Beaux-Arts de Cergy Pontoise.

Elle y développe déjà plusieurs techniques, dans une avidité d’exploration – Bernard Marcadet l’appelle « la machine à peindre » – et cette diversité d’approches se confirmera tout au long de son travail.

A 20 ans, elle fait sa première exposition personnelle à Paris. En 1991, elle obtient un prix de peinture à Narbonne.

Son thème de prédilection est alors le corps féminin. Plus la peinture avance, exploitant différents supports, plus l’acte de peindre s’épure, la couleur disparait, demeurent le trait, le geste puis la trace d’un mouvement …Le processus créatif devient un questionnement majeur et c’est ainsi qu’après une résidence aux Beaux-Arts de Marseille, la photographie lui apparait comme un autre témoin du pictural.

Cette soif de saisir l’insaisissable d’un corps en mouvement, en gestation, toujours fugace ou traversé de temps, la pousse ainsi à passer derrière et devant l’objectif : c’est en effet par l’autoportrait qu’elle tente d’incarner une morphogénèse du corps et de l’acte créatif.

La photographie sera le médium majeur de son travail pendant dix ans, même si le dessin reste le paradigme de son approche. Le livre des « Fleurs Obscures », paru aux Editions Complicité, retrace cette décennie de recherche photographique. Une exposition personnelle à l’Espace Camille Claudel de Charenton le pont présentera une rétrospective. Elle y obtiendra plus tard un prix de la photographie.

Puis la démarche se déplace à nouveau, du corps humain au corps plus vaste de la nature : ce sont les séries  « Terre »,  « Dalhia »  ou « Iris » et, première recherche sur les animaux, la série « Taureaux ».

L’année 2000 verra une bascule dans son œuvre car une résonance nouvelle s’opère en elle : sa grossesse et la naissance de son fils la connecteront à l’univers créatif de l’enfance.
S’ouvre alors une nouvelle période d’illustration pour la jeunesse.

Dès lors, elle retrouve la palette colorée et s’approprie le support numérique. Elle est très vite sollicitée pour illustrer plusieurs livres jeunesse : « On a volé mes tétés », «Qui veut ma tétine », « L’Album tendresse de la nouvelle maman » et « Bestiaire ». Présente sur plusieurs salons, elle obtiendra le prix d’illustration au salon de la jeunesse d’Eaubonne

Peu à peu ces illustrations explorent d’autres supports; elle crée une boutique en ligne www.le-monde-de-gritie.com  autour d’une figure tutélaire, celle de la Grenouille. Son bestiaire reconduit sa recherche sur la question du corps mais s’enrichit de celle de nos liens avec l’animal : dans des costumes d’apparat, les animaux de Daphné Dejay construisent une mythologie qui lui est personnelle. Quelques figures s’imposent autour de la Grenouille, celle du Lapin – avec la naissance de l’installation des « Jean Gens » en hommage à Jean de la Fontaine – et du Rhinocéros.

Bientôt, les pièces en résine permettent d’explorer la sculpture – qu’elle avait déjà abordée avec la série des « Nini’s » (en hommage à Niki de Saint Phalle ) mais les jeux de reflets gardent à cœur la question de l’image : chaque réalisation posée en effet sur un miroir renvoie les regards et les traces, diffractent les corps. Le spectateur regarde l’œuvre qui le regarde et ce kaléidoscope qu’il croyait silencieux devient un chant poétique invitant chacun à reconnaître le rôle de l’art comme force vitale et médiation entre l’homme et le monde.